jeudi 25 mai 2006
Trois jours à İstanbul avant le Grand Retour
Voilà, ça sent vraiment la fin cette fois... Puisque notre avion pour la France décolle d'İstanbul, Sarah et moi décidons d'y aller un peu plus tôt histoire de profiter une dernière fois de cette ville mythique, et avec le soleil !
Nous nous envolons donc d'Ankara avec nos 40 kg de bagages chacune… Premier constat : c'est vachement pas pratique à traîner !! Deuxième constat : ça va pas être fun quand on va devoir se présenter aux comptoirs d'Air France dans 3 jours, vu que la limite de bagages est de 20 kg…
Enfin, en attendant, profitons ! Laurent, qui était à Ankara avec nous au premier semestre et qui désor- mais fait un stage à İstanbul, nous trouve une petite place pour dormir dans son appart.
C'est parti pour 3 jours de (re)découverte intensive !
Le quartier Galata dominé par la tour Galata, vus de l'autre côté de la Corne d'Or (un bras du Bosphore) :
Le pont Galata, reliant le quartier du même nom au quartier historique, Sultanahmet :
Première pause thé, à côté de la Yeni Cami (= Nouvelle mosquée) :
La grande Yeni Cami :
Galatasaray champion ! Cette année, c'est cette équipe qui a gagné le championnat national, aux dépends du Fenerbahçe, l'autre grande équipe. Du coup, d'immenses drapeaux de ce genre flottent un peu partout dans le pays :
Retour à Aya Sofya - Sainte Sophie, toujours aussi impressionnante à mes yeux.
Un peu d'histoire (puisque je n'en avais pas fait la dernière fois) : "Sainte Sophie fut bâtie sous l'empereur Justinien dans le but de restaurer la grandeur de l'Empire Romain. Inaugurée en 537, la basilique de Justinien resta la plus grande église de la chrétienté jusqu'à la conquête de Constantinople en 1453 (c'est-à-dire à la fin de l'empire byzantin et au début de l'empire ottoman). Mehmet le Conquérant en fit alors une mosquée, fonction qu'elle garda jusqu'en 1935, date à laquelle Atatürk la transforma en musée." (Lonely Planet)
(Pour plus de photos : voir le post İstanbul : Première)
La colonne pleureuse : la légende dit que ceux qui mettent le doigt dans le trou en exprimant un vœu verront celui-ci exaucé si leur doigt en sort mouillé. Ben, nous ça a pas marché L
Un peu de couleur locale pour les touristes : le monsieur en costume qui vend du jus de cerise :
La Mosquée Bleue, sans doute le monument le plus visité d'İstanbul (observez les photos artistiques avec la fontaine :p) :
Sarah a mangé toutes les olives !! :p
La citerne-basilique (Yerebatan Sarnıcı) : "Bâtie en 532 par l'empereur Justinien, la citerne-basilique n'a rien d'une basilique mais constitue le plus grand réservoir d'eau datant de l'époque byzantine existant encore à İstanbul. La citerne mesure 70 mètres de large et 140 mètres de long, et son toit est soutenu par 336 colonnes (et le tout, sous terre, donc sous la ville !). Des colonnes provenant d'édifices en ruine furent utilisés pour sa construction (d'où les têtes sculptées posées à l'envers, pour plus de stabilité : purement pratique). La citerne permettait d'alimenter la ville en eau lors des sièges. L'eau, pompée près de la mer Noire, était ensuite acheminée grâce à un aqueduc d'une vingtaine de kilomètres. Elle contenait jadis 80 000 m3 d'eau." (Lonely Planet)
Une promenade étrange, impressionante, surprenante...
Escapade dans le Grand Bazar :
La Mosquée Bleue au coucher du soleil :
Soirée à Ortaköy, quartier au nord de Galata, sur la rive européenne du Bosphore. Le front de mer est dominé par le pont du Bosphore et la Büyük Mecidiye Camii, petite mosquée baroque :
Dîner et partie de backgammon avec Sarah et Laurent dans ce petit quartier bien sympa :
Visite du Palais de Topkapı : Le palais des sultans, immense, impressionnant, magnifique…
(Réalisation du post en cours... à suivre !)
mardi 23 mai 2006
Derniers jours à Ankara
Derniers jours à Ankara, avant de partir à Istanbul et de rentrer définitivement en France.
Dernière ascension à la tour Atakule, avec le soleil couchant…
Dernière après-midi à Bahçelievler, quartier sympa d'Ankara, avec le soleil enfin arrivé !!
Perfectionnement du Backgammon…
Scrabble, en Turc s'il vous plaît !
Sarah et Ju :
Emre et Nadège :
Une bonne petite glace après manger :
Dernier verre avec Fanny :
Et enfin, la veille du départ, dernier iskender avec Camay et Yiğit. Très bon, mais avec un goût un peu triste de "dernier"…
Voilà, le lendemain matin (après une courte nuit…), j'ai dit au revoir à mon appart, à ma colloc, à Ankara…
mercredi 10 mai 2006
Carte
mercredi 3 mai 2006
Week-end en Egée du Nord
Nous profitons d’un petit week-end de 4 jours fin avril pour aller nous promener sur le Nord de la côte égéenne.
Troie
Troie, la ville héroïne de l’Iliade et l’Odyssée, théâtre de la grande guerre Homérique !
"Troie est un site particulièrement complexe car les fouilles ont mis à jour neuf cités antiques superposées, dont la première remonte à 3000 av. J.-C. Le site fut occupé dès le début de l’âge de bronze. Les villes classées de Troie I à Troie V datent de -3000 à -1700. Les archéologues se demandent toujours si la cité du roi Priam qui engagea la fameuse guerre correspond à Troie VI ou à Troie VII. La plupart optent pour Troie VI : selon une théorie récente, le tremblement de terre de 1250 av. J.-C. a pu fournir aux Achéens la brèche tant désirée. Une fois la puissante muraille renversée, ils se seraient introduits dans la cité et, pour remercier Poséidon, le dieu à l’origine des séismes, ils auraient érigé une monumentale effigie de bois représentant son cheval. Ainsi, un vrai cheval de Troie a peut-être bel et bien existé." (Lonely Planet)
Une réplique du cheval de Troie domine les ruines de la cité antique :
À part cela, les ruines de Troie n’ont rien d’impressionnant, comparées à Ephèse ou à Aphrodisias.
On voit des jolis murets :
Pas mal de coquelicots et de fleurs des champs :
Et de grands et beaux figuiers :
Un petit aperçu des différentes cités superposées :
Voilà, ce n’étaient pas des ruines impressionnantes, mais une ballade sympathique tout de même, dans un lieu mythique !! Bon, il faut avouer qu’on aurait bien aimé voir Brad Pitt, mais bon il néglige ses fans en ce moment… !
Bozcaada
"Bozcaada, seconde des deux îles turques habitées de la mer Egée, est le genre d’endroit que l’on ne veut plus quitter. Balayée par les vents, Bozcaada a toujours été réputée pour ses vins –ses coteaux ensoleillés sont tapissés de vignobles. Une gigantesque forteresse médiévale domine le port : à ses pieds se niche l’une des petites villes les mieux préservées de Turquie, avec ses vieilles maisons pittoresques recouvertes de vignes et ses rues pavées." (Lonely Planet)
Attente du bateau sur une petite plage… Sarah a un petit peu froid !
… Une petite barque nous sert de banc. (Irena, Mateja & Ju)
Matin sur l’île : vue sur le château depuis la terrasse de la pension où nous prenons notre petit déjeuner ; le soleil arrive !
Photo avec les maîtresses de maison de la pension, autour du petit dej’ (sur la table : en plus du petit dej’ turc classique, des figues confites et de la confiture de rose, le tout fait maison ! TROP BON !)
Une vraie famille turque vit ici !!
Le château :
Passons aux choses sérieuses : allons goûter du vin !
La Turquie, pays de chats !!
Assos
"Assos est l’une des perles de la Turquie : une demi-douzaine de vieilles maisons de pierre reconverties en hôtels dominant un magnifique port, avec un imposant temple en ruines et une série de pensions accueillantes perchées sur une colline, dans le vieux village" (Lonely Planet : très bien résumé ;-))
"Fondée au VIIIème siècle av. J.-C. par des colons venus de Lesbos (NB : l’île Grecque juste en face), Assos a été dans l’Antiquité un port florissant, un bourg agricole et un centre de diffusion de la philosophie platonicienne. Un grand temple d’Athéna y fut édifié en 530 av. J.-C."
Vue du haut de la colline :
Au loin, l’île Grecque de Lesbos :
Ayvalık & île d'Alibey
Encore un peu plus au sud : Ayvalık et l’île d’Alibey, station balnéaire et port de pêche.
"Ayvalık fut peuplée des Grecs ottomans jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. Puis, quand les nations issues des décombres de l’ancien Empire ottomans décidèrent d’échanger leurs minorités, dans les années 1920, les Grecs de Ayvalık furent transférés en Grèce et remplacés par les Turcs venus de Lesbos, des Balkans et de Crète. Quelques habitants parlent encore le grec, et la plupart des mosquées sont des églises orthodoxes reconverties." (Lonely Planet)
Vues de la ville depuis notre pension. Au loin, on voit l’une des ces églises sur lesquelles ont poussé des minarets (2ème photo)
Arrivée sur la petite île d’Alibey :
Une magnifique vieille et grande église…
Hélas, l’intérieur tombe littéralement en ruines ! Trop dommage !
L’île d’Alibey regorge de ce genre de maisons : immense, magnifique, mais complètement ruinées à l’intérieur. Moralité : si vous voulez restaurer une belle et grande maison et vivre dans un endroit super, venez ici !
Bergama - Cité antique de Pergame
"C’est sous le règne d’Eumène II (197-159 av. J.-C.) que le nom de Pergame devint célèbre dans le monde entier. L’apogée de la cité antique se situe entre la mort d’Alexandre le Grand et l’arrivée des Romains en Asie mineure. À cette époque, Pergame était la capitale de l’un des royaumes les lus riches et les plus puissants du Proche Orient. La ville bâtie par les rois de Pergame a disparu en grande partie, mais ce qu’il en reste, dans un cadre par ailleurs splendide, demeure extrêmement impressionnant." (Lonely Planet)
Sarah au bord du gouffre...
Le grand théâtre de 10000 places. Pergame respectait les normes de l’architecture hellénistique, mais on opta ici pour une solution originale : afin de tirer parti de la vue magnifique et préserver un précieux espace à bâtir au sommet de la colline, on aménagea le théâtre sur son flanc, avec des gradins très abrupts qui accentuent sa dimension verticale (d’ordinaire, les théâtres hellénistiques présentent un aspect beaucoup plus large et rond).
Le temple de Trajan et ses colonnes en marbre blanc. Erigé sous le règne des empereurs Trajan et Hadrien, il était voué aux cultes de ces souverains et de Zeus.
La Basilique Rouge : De la taille d’une cathédrale, cette basilique était au IIème siècle de notre ère un temple dédié aux dieux égyptiens Sérapis, Isis et Harpocrate. Dans les révélations, Saint Jean a écrit qu’elle faisait partie des sept églises de l’Apocalypse et l’identifiait comme le trône du Mal. (cool, non ?)
lundi 24 avril 2006
Bodrum avec les Bédu
Les Bédu en vacances en Turquie (on se demande pourquoi ils ont choisi cette destination...!) : me voilà obligée d'aller à Bodrum !!!
Remarquez que, pour une fois, ça ne les a pas dérangé que je rate les cours ! Bizarre... ;-)
La ville de Bodrum
Bodrum est une grande station balnéaire de la mer Égée. Heureusement, nous y étions en basse saison, et donc pas envahis par les hordes de touristes ! Par contre, qui dit "hors saison" dit "en travaux en vue de l’arrivée prochaine de la haute saison"… Vu qu’absolument tous les hôtels et bars étaient en travaux, nous nous sommes sincèrement demandés s'ils ne détruisent pas tout, tous les ans !
Enfin, Bodrum est une ville sympathique, avec ses petites maisons blanches, ses palmiers et son port ; mais aussi le Mausolée en ruine (l’une des 7 Merveilles du monde antique) et l’immense château. C’est aussi à Bodrum que naquit Hérodote (Vème siècle J.-C.).
Le château Saint-Pierre, construit dans les années 1400 par les chevaliers croisés :
Le Mausolée d’Halicarnasse : Au IVème siècle avant J.-C., la Carie fut administrée par le roi Mausole, qui avait fait d’Halicarnasse (c’est-à-dire Bodrum) sa capitale. Après sa mort, son épouse fit ériger le tombeau monumental qu’il avait lui-même conçu. Le mausolée, un énorme cénotaphe de marbre blanc surmonté d’une pyramide à degrés, fut considéré comme l’une des Sept Merveilles du monde antique. Il resta intact pendant près de 19 siècles, jusqu’à ce que les croisés le démantèlent en 1522 et en utilisent des éléments comme matériaux de construction. (Merci les croisés !)
Bien sûr, il n’en reste pas grand chose, mais avec un peu d’imagination… ;-)
La péninsule de Bodrum
Promenade dans la péninsule de Bodrum : haute colline, spectaculaires affleurements rocheux, vues maritimes inattendues, mais aussi plein de Légoland pas beaux en construction… Tout cela au volant d’une voiture de location, donc bon début pour l’initiation à la conduite turque (en gros, cela se résume à bien klaxonner au bon moment…)
Une petite porte qui donne sur…
…Rien ! Seulement la mer !
Trop de vent ou trop d’eau ? (les deux ???)
Herakleia et le Lac Bafa
Le village proche d’Herakleia, non loin du lac Bafa, abrite les ruines de ce site antique, entremêlées entre les rochers et dominées par le Mont aux Cinq Doigts. Un très, très bel endroit ! À peine arrivés, deux petites mamies turques agiles comme des jeunes filles nous emmènent et nous montrent les ruines et le village…
Trouvez l’intrus !
Le Mont aux Cinq Doigts :
Prienne
Priène fut une cité majestueuse vers 300 avant J.-C. Elle est construite dans une cadre spectaculaire, au pied du vertigineux mont Mykale.
Le grand théâtre :
Une cité antique en kit !! (franchement, avec toutes les pierres qu’il y a au sol, yaurait moyen de reconstruire la moitié de la ville !) :
Les 5 colonnes du temple d’Athéna :
Milet
La cité de Milet était autrefois puissante, et joua un rôle économique et politique de premier plan entre 700 av. J.-C. et 700 de notre ère.
Le grand théâtre de 15000 places, construits par les Grecs, et remanié par les Romains, très bien conservé. Au sommet, les remparts d’un ancien château byzantin se détachent et offrent un panorama sur les ruines environnantes.
"Une partie du site est inondée la majeure partie de l’année, rendant la visite plus difficile, mais aussi plus pittoresque." (Lonely Planet) Effectivement !
La vieille petite mosquée et son nid de cigognes…
Didim (Dydimes)
Ce site fut choisi pour ériger un temple époustouflant, dédié à Apollon et occupé par un oracle aussi célèbre que celui de Delphes. Seuls résidaient à Dydimes les prêtres officiants dans le temple. Le porche du temple était soutenu par 120 colonnes, aux bases somptueusement sculptées. Derrière s'ouvrait une porte monumentale où l’on communiquait les réponses rimées de l’oracle. De chaque côté du porche, des passerelles couvertes descendaient cers la cour, où l’oracle prophétisait après avoir bu à la source sacrée.
La tête de Méduse :
vendredi 14 avril 2006
Vacances à Antalya
Voici quelques photos de nos super vacances autour d'Antalya avec Alexis, pour springbreak.
1er jour d'arrivée d'Alexis: Soirée anniversaire!
Le gâteau d'anniversaire d'Alexis avec qqsemaines de retard!
2ème jour: Visite touristique d'Ankara, préparée par moi même durant plusieurs jours (il fallait combiner avec les transports, dans une capitale désorganisée comme Ankara, pas évident de se rendre d'1 point A à un point B...) Mais je crois qu'on s'en est bien sorti, malheureusement, le temps n'était pas au beau fixe...
La mosquée de Kocatepe construite récemment (1967-1987), aux proportions gigantesques.
Le Mausolée d'Atatürk (Anit Kabir). Colossale réalisation, à la mesure de l'amour du peuple turc pour Atatürk.
25 mars, 22h, l'heure du départ! Encore en forme, nous nous apprêtons à prendre le bus puis le métro (2fois quand on se trompe) puis le bus...
Après 8h de bus de nuit sans avoir réussi à fermer un oeil, puis 1h de trajet en voiture, nous voici presque par hasard (nous cherchions Olympos) dans un endroit magnifique: la plage de çirali, les vacances commencent bien! Le temps est magnifique et la température 3 fois plus élevées qu'à Lille la même période...
Le bonheur se lit sur nos visages!
Nous en profitons pour déjeuner sur la plage. Au menu: poisson frais...et grand jus d'orange pour être en forme, notre programme est chargé, les vacances ne vont pas être de tout repos!
Nous venons de comprendre que nous pouvions rejoindre Olympos par la plage, il faut traverser un cours d'eau avec beaucoup de courant (oui, on s'est fait avoir, l'eau est montée plus haut que nos pantalons pourtant relevés aux genoux, mais avec cette chaleur, pas de problème!)
La porte monumentale et son linteau sculpté. Olympos est un lieu plein de charme, s'étendant le long d'une plage et autour d'un canal entouré de marécages. Difficile d'accès donc loin des bus de touristes.
Voici où nous avons décidé de dormir: dans une maison dans les arbres! C'était un désir depuis pas mal de temps, donc nous avons saisi l'opportunité, sauf que ce n'était pas exactement ce à quoi nous nous attendions! Les cabanes sont certes dans les arbres et le confort très limité: pas de salle de bain ni de chauffage, mais elles ne sont pas très hautes, comme on le voit sur la photo. Pour reprendre le guide du routard: "les tree houses, sans doute le plus gros repaire de néo-hippies bobos de toute la Turquie...on ne fait pas qu'y fumer des choses légales, et avec les DJs mixant toute la nuit, le calme ne reigne pas dans la vallée. Bref, on ne s'est pas trop reconnus dans la population en effet, mais tout le monde semblait très sympa, et nous avons bien rigolé!
Notre cabane. Le 1er soir: le thé dans une cabane découverte, au bord d'une petite rivière. Il est 20h, nous sommes sur le point d'aller nous coucher, épuisée par la journée et la nuit blanche précédente.
Alexis est content, apparemment il a bien dormi dans la cabane. Pour moi, réveil un peu difficile, pratiquement la 2ème nuit blanche, après le bébé qui pleure pendant 8h dans le bus, le DJ qui mixe jusque 4h du mat' ! Sans compter qu'au milieu de la nuit, la cabane a tremblé a cause d'individus qui s'étaient trompés de chambre!
Notre cabane, et Alexis, sortant prendre son petit déjeuner, au soleil.
Nous nous étions trompés de route, eh oui, pas trop de panneaux d'indications en Turquie...mais nous avons fait une rencontre qui a ravie Alexis :-) Mais non, on n'a pas pu l'emmener pour la mettre sur notre balcon....
Paysage paradisiaque de la plage déserte d'Adrasan: "un petit paradis qui se mérite et réservé aux touristes routards et motorisés". On ne regrette pas d'avoir persévéré dans notre recherche!
La vue depuis notre chambre d'hôtel
Antalya: Levé du soleil du 3ème jour, nous avions décidé de nous lever à 7h du mat' pour profiter au maximum de cette belle journée: au programme: les chutes d'eau de Düden puis celles de Kursunlu, ensuite le site de Termessos pour terminer par Pergé. Journée bien remplie!
Pergé, pour terminer notre journée touristique-marathon: nous sommes arrivés au soleil couchant, 1h avant la fermeture, pour profiter de la belle lumière, dans le calme d'un début de soirée.
Une des 2 tours d'entrée de la ville, le hamam (salle chaude), la voie à portiques, et Alexis qui prend son bain.
A Pergé, Alexis s'est bien amusé avec les pierres :-)
Nous arrivons à Sidé, l'endroit étant reconnu pour observer l'éclipse qui y sera totale pour une durée de 4'15min. Nous n'étions pas les seuls à avoir eu l'information apparemment!
Vue générale sur le site de Sidé, qui fut le plus grand port de Pamphylie. Le cadre est bucolique.
C'est dans le théatre (typiquement Romain=ne s'appuie pas sur un flanc de colline mais tient d'un seul bloc) que nous avons décidé d'observer l'éclipse. Il est l'un des plus grand de Turquie: 15 000 places
Ok, ça va vous faire rire, mais il faut être équipé!
Après l'éclipse, il fait beaucoup moins chaud! Plus trop envie de se baigner...
Les chutes de Manavgat, 3mètres de haut, elles sont la fierté des Turcs pour leur largeur.
5ème et dernier jour de vacances, nous arrivons en Cappadoce au petit matin, il est 7h et nous profitons du levé du soleil sur ces paysages magnifiques.
Petite balade en scooter, rien de mieux pour observer les paysages de Cappadoce. Ici à Zelve: les cheminées de fées.
vendredi 7 avril 2006
Les vacances dans l'Est de Julie & Camay - 2ème Partie
Jour 5
Nous avons passé une grande partie de la journée à errer dans Mardin, superbe petite ville ancienne suspendue à une colline et couronnée d’un château. Les petites rues pentues, les maisons labyrinthiques couleur de miel, les cordonniers, barbiers et couturiers-repriseurs avec pignon sur rue, le bazar qui sent les épices, le bois frais, le cuir..., et puis les ânes, qui sont restés le principal mode de transport, les petites mosquées magnifiquement ouvragées, mais aussi les églises (une importante communauté syrienne chrétienne vit à Mardin), et toujours cette vue magnifique sur les plaines mésopotamiennes… Mardin est un petit paradis entre le Tigre et l’Euphrate (avis aux connaisseurs de la Genèse ;-)).
L’église des Quarante Martyrs :
Latifiye Camii : comme il y a un peu de monde à l’intérieur, nous hésitons à entrer, mais un monsieur nous sourit et nous fait signe d’entrer...
En sortant, le même monsieur nous fait signe de le suivre. Il nous emmène dans une salle au fond de la cour. Là, un vieux monsieur et un plus jeune sculptent des pierres. Le monsieur nous explique qu’ils refont la porte de la mosquée. Le vieux monsieur nous sourit et nous demande d’où nous venons. Nous discutons quelques minutes. Leur joie de vivre est communicative… Nous les remercions chaleureusement avant de les quitter.
Pause du midi dans un restaurant syrien (regardez-moi dans les yeux…). Le serveur nous a dit "Faites-moi confiance, je vous fais manger de la nourriture syrienne, vous allez adorer". Effectivement, c’était succulent : petit déjeuner à base de noix, soupe traditionnelle pour les mariages, entrée de viande avec une sorte de yaourt, plat principal à base de viande et de prunes, dessert, un verre de vin syrien et café syrien qui arrache. Et derrière, vous apercevez la vue sur les plaines.
Le bureau des PTT, qui occupe un caravansérail du XVIIème siècle :
Le monastère de Deyrul Zafaran ("monastère du Safran", en arabe, parce qu’on aurait incorporé des crocus, dont provient le safran, dans le mortier). C’est l’ancien siège du patriarcat de l’Église Syrienne orthodoxe, il sert aujourd’hui d’orphelinat. Les messes sont dites en araméen (la langue du Christ).
Le soir, nous partons directement pour Urfa. Nous avions prévu une étape à Diyarbakır, mais c’est là que les affrontements entre les Kurdes et l’armée ont été les plus violents. Mais nous avons demandé à plusieurs personnes si Urfa était sûre, ils nous ont répondu à l’unanimité qu’il n’y avait pas de problème à Urfa.
"Les gens sont cool à Urfa, ils ont l’esprit ouvert."
Direction la ville des prophètes, donc !
Jour 6
Le matin, nous faisons une excursion à Harran, au Sud d’Urfa.
Selon la Bible, Abraham et Sarah auraient séjourné quelques années à Harran, vers 1900 av. J.-C. Il semble certain que cette ville est l’un des lieux de la planète habités de façon continue depuis les temps les plus anciens.
Le mode de vie des habitants est particulier : ils vivaient dans des maisons coniques en forme de ruche. Cette architecture remonterait au IIIème siècle av. J.-C. On pense que ce style fut imaginé en réponse à la pénurie de bois de toiture et à l’abondance de briques fournies par les ruines environnantes. Les habitations restent fraîches en été et conservent la chaleur en hiver. Aujourd’hui, la plupart des habitants ont cédé ces maisons au bétail et occupent des logements plus modernes. (Lonely Planet).
Les ruines de l’Ulu Cami, mosquée édifiée au VIIIème siècle par un calife omeyyade : elle se distingue par son haut minaret carré, assez inhabituel en Turquie. Il s’agirait de la plus ancienne mosquée d’Anatolie. Juste à côté se tenait la première université islamique :
Retour à Urfa en début d’après-midi, nous allons déjeuner dans une maison ancienne, assises sur des coussins, dans l’une des nombreuses petites pièces réparties autour d’une cour intérieure.
Nous allons nous promener dans le bazar, toujours aussi bien ;-) et dans le quartier du château et des grandes mosquées.
Enfin, nous allons déguster un kadayıf, une pâtisserie à base de blé concassé, fourrée au fromage et trempée dans du miel. Spécial, mais plutôt bon !
Voilà, le soir nous sommes rentrées à Ankara. Une belle semaine !
jeudi 6 avril 2006
Les vacances dans l'Est de Julie & Camay - 1ère Partie
Enfin les vacances ! Camay et moi avons décidé de nous envoyer en l’air ! Mardi matin, nous décollons donc de l’aéroport d’Ankara (bande d’esprits mal placés ! :p) en direction de Van, situé plein Est, à 1200 kilomètres de la capitale.
Nous arrivons vers midi, et pendant que nous cherchons un hôtel, je me fais une première impression de l’endroit : Van est un mélange de Turquie profonde et de Turquie moderne. C’est une ville moderne, car en pleine expansion, et donc pleine de hauts bâtiments inesthétiques, comme dans toutes les autres villes turques en expansion. Mais les gens sont différents d’Ankara : plus orientaux (du coup, nous avons l’air encore plus étrangères que d’habitude…)
À l’hôtel, nous faisons la connaissance d’un jeune monsieur qui parle anglais et qui nous propose de nous aider dans nos visites : Engin.
Bon, là je me vois obligée de fait une pause dans l’histoire. Maintenant que j’écris son prénom, je m’aperçois que vous allez le lire et le prononcer à la française, et que ça va vous faire sourire, voire même marrer… (vous avez VRAIMENT l’esprit mal placé !!!) Il faut donc bien prononcer toutes les lettres : le "e" se lit "è", puis on prononce le "n", puis le "g" se prononce "gu", et enfin le "i" puis le "n" séparément. Cela fait donc (à peu près) : " èneguine ". Sur ce, je peux continuer mon histoire J
Il nous propose donc de nous emmener faire un tour pour visiter les trucs importants des environs. Nous ferons cela demain. Aujourd’hui, nous décidons d’aller voir le château de Van, le plus près et le plus accessible pour nous. Alors que nous cherchons un dolmuş, nous avons nos premiers contacts avec les habitants, et surtout avec leur incroyable gentillesse ! Nous demandons à un vieux monsieur "Dolmuş kaleye nerede ?" (Où est le dolmuş pour aller au château ?). Le monsieur sourit et dit "Gel, gel !" (Venez, venez !, expression que l’on entend souvent en Turquie et qui me fait toujours sourire parce qu’elle est assez caractéristique de l’hospitalité !). Il nous mène au dolmuş. À un moment, comme il n’est plus vraiment sûr, il demande à un autre monsieur, qui se joint au cortège… Nous arrivons au petit arrêt de bus ; les deux monsieurs nous mettent dans le dolmuş, et vont parler au chauffeur pour qu’il nous emmène bien au bon endroit et nous dise bien où descendre. Un peu plus tard, une jeune femme monte dans le bus avec son bébé et sa mère, et s’assoit à côté de nous. Elle commence à me parler en Turc. Je lui dis de parler plus lentement.
"Oh ! Yabanci misin ?" (Oh ! tu es étrangère ?), "ça ne se voit pas, on dirait que tu es Turque".
Du coup, tout le monde dans le bus a compris qu’il y avait des étrangères, et écoute curieusement en souriant. Ils ne doivent pas en voir beaucoup, des étrangers, et peut-être encore moins dans les dolmuş !
Nous discutons avec elle pendant un bon quart d’heure, puis juste avant de descendre, elle nous propose de venir boire un thé chez elle. Nous n’avons pas osé dire oui, et avons continué vers le château (cela dit, j’avoue que je regrette un peu, elle était vraiment gentille cette dame !).
Comme prévu, le chauffeur nous dit quand il faut descendre, et nous indique de quel côté aller. Là, il faut l’avouer, nous nous sommes senties un peu seules et pas trop rassurées : pas grand monde dans les parages à part quelques mômes… Mais bon, pas non plus de danger en vue, nous montons donc les sentiers qui mènent en haut du château.
Le château est un immense monument construit par les Ourartéens (IXème – VIIème avant J.C.) ; les murailles s’étendent sur des centaines de mètres. Nous arrivons en haut, et la vue est soudain impressionnante : le lac s’étend, immense, avec pour ligne d’horizon des montagnes hautes couvertes de neige. Le soleil d’après-midi au milieu du ciel clair fait de longs reflets blancs dans l’eau. Nous sommes en haut d’une falaise, entourées de quelques murailles basses en ruines. Autour de nous, le vide, le lac… Au loin, on aperçoit le Mont Nemrut, deuxième du nom : à ne pas confondre avec celui qui a les têtes géantes et qui est plus à l’Ouest. Celui-ci est un volcan éteint, beaucoup plus haut que l’autre (plus de 3000 m). C’est une coulée de ce volcan qui a endigué le lac de Van, délimitant sa superficie actuelle (3750 km2).
Je ne sais pas bien pourquoi, mais pendant un moment, je me suis cru dans les Terres du Milieu, dans ses endroits de clarté. Gandalf aurait pu surgir, là, accompagné d’un Hobbit ou deux, et de quelques Elfes…
Retour à l’hôtel, soirée tranquille, bon petit resto (sauf que j’ai mangé un truc super épicé, j’en ai eu chaud pendant une bonne demi-heure… ça m’a rappelé le Mexique :p), et bonne nuit !
Jour 2
Après un bon petit dèj’ turc, nous retrouvons Engin à 9h, prêtes pour notre trip du jour.
Nous allons d’abord à Hoşap, à une soixantaine de kilomètres de Van. Pendant le trajet, nous faisons connaissance avec notre guide du jour : 27 ans, originaire de Van, petit dernier d’une grande fratrie de 8 enfants ; après ses études de tourisme dans une université pas loin de Van (pas facile de quitter la région pour les gens de l’Est il y a quelques années…), il décide de s’occuper d’un hôtel avec l’un de ses frères et d’y organiser des tours.
"Vous voulez de la musique turque ou de la musique kurde ?"
Bah, kurde, ma foi, ça nous change !
Nous arrivons à Güzelsu ("Belle eau"), un bled complètement paumé composé de maisons basses à toit plat, de troupeaux de kebabs, et de petites terrasses pour boire le thé, avec des mini-tables et des mini-tabourets (typique du pays, quelle que soit la région). Mais surtout, il y a la forteresse de Hoşap, perchée en haut d’une falaise, immense et imposante, construite au XVIIème par un chef kurde de la région. Nous montons près des remparts. Impossible de rentrer (ça s’écroule à l’intérieur…), mais il reste la vue et cette impression d’avoir atteint un endroit lointain et majestueux.
"On descend boire un thé ?", nous propose Engin. "Ici, c’est pas du thé comme d’habitude, c’est du thé style iranien." (On est à une petite centaine de kilomètres de la frontière iranienne). Effectivement, le thé est assez goûtu, bien que je ne voie pas d’énorme différence avec le thé habituel.
En tout cas, il règne une sacrée ambiance ici, pas vraiment moyen-orientale, mais différente d’Ankara… particulière, quoi !
Nous reprenons la route dans l’autre sens pour rejoindre Çavuştepe. Là, nous avons droit à un bon barrage militaire dans les normes ! Nous n’avions pas eu de problème à l’aller sur cette même route, mais dans ce sens, c’est différent : c’est la route qui vient d’Iran. Une file de voitures attend déjà. Un premier militaire vient remonter toute la file et prend tous les permis de conduire des conducteurs. Puis, les voitures sont inspectées une à une : sous le capot, dans le coffre, quelques coups d’œil à l’intérieur. Tous les conducteurs coopèrent, ils ont l’habitude apparemment… Puis, nous faisons une dizaine de mètres et nous arrêtons de nouveau : "Faut que je récupère mon permis maintenant…" Il va faire la queue… Il dit ça en rigolant, mais nous sentons bien que ça doit pas être drôle tous les jours.
Une fois repartis, nous demandons : "Cela arrive souvent ce genre de contrôle ?"
– "Oui, tout le temps. C’est la police turque."
– "Il n’y a pas de kurdes dans la police ?"
– "Oh non ! Si tu dis que tu es kurde, ils ne te prennent pas dans la police !
Moi par exemple, quand j’ai fait mon service militaire, comme je pouvais parler anglais, ils voulaient m’envoyer à Istanbul dans la grande caserne (NB : c’est le "Super QG" militaire de Turquie) pour accueillir les hauts militaires étrangers. C’est vraiment un super poste ! Puis ils ont vu que je venais de l’Est, donc que je suis kurde, et donc finalement ils ont dit non."
Puis, devant nos airs étonnés : "En général, il n’y a aucun problème entre les Turcs et les Kurdes, yen a plein qui se marient ensemble, on s’entend bien. C’est juste le gouvernement et les militaires qui voient et créent des problèmes !
Les militaires, ici, ils deviennent riches. Il y a des gens qui reviennent d’Iran avec des camionnettes pleines d’iraniens qui entrent illégalement. Les militaires ne les arrêtent pas, ils prennent des commissions énormes !"
Puis il conclut en rigolant : "C’est la Turquie, tout peut arriver !"
Nous arrivons à Çavuştepe quelques minutes plus tard. Perché sur une colline, le parlais fortifié de Çavuştepe fut construit au VIIIème avant J.-C. par les Ourartéens. Il n’en reste que des ruines, mais on peut encore voir le plan général et la surface au sol. Engin nous explique qu’il servait de poste avancé pour protéger la capitale du royaume d’Ourtatou, Toushpa (la bien nommée… !), qui était situé à peu près où se trouve Van aujourd’hui. En effet, du haut de la colline, la vue sur la plaine porte très loin : difficile pour les envahisseurs venant de Perse, d’Arménie ou autre, d’arriver par surprise !
Nous reprenons la route et nous dirigeons cette fois vers Akdamar, une petite île sur le lac de Van. La route longe le lac : immense étendue d’eau, turquoise sur le bord, les montagnes au loin, le Mont Nemrut qui se dégage distinctement. Nous avons encore droit à contrôle, beaucoup plus rapide : un policier vérifie rapidement les papiers d’Engin et nous laisse partir immédiatement.
Nous prenons le bateau non loin de la petite ville de Gevaş. L’île est à 3 kilomètres du rivage.
Perchée sur l’île, l’église Akdamar est un petit bijou d’architecture arménienne, un petit coin de chrétienté en terre musulmane. L’église date du Xème siècle. Sur ses murs extérieurs, des bas-reliefs représentent des scènes de la Bible : Adam et Eve, Abraham et Isaac, David et Goliath…
Impossible d’entrer dans l’église : elle est en rénovation.
"Ils ont commencé les travaux de rénovation en mai dernier", nous dit Engin. "Ils touchent de l’argent de l’Etat pour cela. Ils pourraient terminer les travaux en un mois s’ils voulaient, mais ils ne toucheraient plus d’argent du coup…"
Effectivement, les ouvriers n’ont pas l’air de se surcharger de travail : assis au loin, certains chantonnent des chansons kurdes en buvant un thé, pendant que d’autres discutent tranquillement à l’ombre… En gros, si vous m’avez bien suivi, vous aurez compris qu’ils ont trouvé LA planque ! Ils passent leurs journées peinards dans un environnement paradisiaque et sont payés par l’Etat à ne rien foutre, et tout ceci en CDI, s’il vous plaît ! :p (le mot "indéterminé" prenant un sens nouveau ici : le temps, en Turquie, est élastique ; plus on en perd, plus on en gagne !). Tant mieux pour eux, tant pis pour nous !
De retour à Van, après un bon repas et un dernier thé à l’hôtel, nous partons pour Tatvan, de l’autre côté du lac. Nous nous enfonçons dans les montagnes, sur une route complètement destroy, avec le soleil couchant en arrière plan. Nous avons droit à un dernier super contrôle : barrage de militaires, l’un d’eux entre dans le bus et ramasse tous les papiers d’identité… Heureusement, il ne garde pas nos passeports, il les contrôle juste (pas envie d’avoir l’ambassade des Etats-Unis sur le dos, sûrement ;-))
À part ça, la journée a donc été super ! Même si nous n’avons pas pu entrer dans le château et dans l’église, je relativise : on ne vient pas que pour visiter, mais aussi pour voir la vie ! Et à ce niveau, je ne suis pas déçue !! J’aime l’ambiance ici, et je mesure aussi quelque peu les difficultés…
Jour 3
Le matin, nous allons visiter Ahlat, village sur le côté Nord du lac. La route qui va de Tatvan à Ahlat nous offre encore une fois de magnifiques vues sur le lac.
À Ahlat se trouve un cimetière et des tombeaux seldjoukides. Nous nous promenons au milieu des stèles, faites de pierre volcanique et ornées de motifs gravés.
"Au fil des siècles, les séismes, le vent et l’eau ont érodé les angles des stèles, qui ressemblent maintenant à des dents ébréchées – un spectacle saisissant avec le Mont Nemrut en arrière plan.", dixit le Lonely Planet. Effectivement, c’est un endroit hors du temps, étrange et reposant.
En fin de matinée, nous avons rejoint Batman… une ville à 3 heures au Sud-Ouest de Tatvan. "Repérer une ville du nom de Batman sur une carte peut faire fantasmer certains. Ne rêver pas, c’est une lugubre agglomération moderne." (Lonely Planet). Voilà, j'ai cassé le mythe : Batman existe, mais ce n’est pas un super héros ! Pour nous, c’est juste l’étape la plus facile pour visiter notre prochain objectif : Hasankeyf, à une demi-heure de là. Nous comptions visiter dans l’après-midi, mais ce jour là, Batman s’est révoltée : il y a des manifestations de Kurdes adhérents au PKK (un parti très extrémiste, auquel la majorité des Kurdes n’adhère pas) dans la ville. Il faut savoir que dans cette partie de la Turquie, pratiquement tous les gens sont Kurdes. Ce peuple a assez mauvaise réputation chez nous ; ils sont connus pour vouloir leur indépendance à tout prix. En réalité, la majorité des Kurdes souhaite juste pouvoir lire le journal dans sa langue, élever ses enfants dans sa langue, et regarder la télévision kurde (diffusée dans d’autres pays). Jusque très récemment, l’Etat Turc niait leur existence et les nommait les "Turcs des montagnes". La situation est en train de s’améliorer lentement. Nous, nous avons trouvé que les Kurdes étaient encore plus gentils que les Turcs (et ce n’est pas peu dire, les Turcs étant réputés pour leur hospitalité). Mais, bien sûr, il y a des extrémistes (des deux côtés) qui font que parfois, la situation s’envenime. En gros, les Kurdes en Turquie, c’est un peu comme les Corses en France et les Basques en Espagne : parfois, ça éclate.
En arrivant à Batman, un étudiant qui était avec nous dans le bus et qui venait rejoindre sa famille nous dit qu’il ne vaut mieux pas que nous allions chercher un hôtel à pied, et que nous devrions rester à l’hôtel pour l’après-midi.
"Mon oncle arrive, on va vous emmener." Nous lui demandons ce qui se passe (oui, à ce point là, nous n’en savions rien encore). Il nous dit que c’est juste une manif’, que ça arrive souvent et que ce sera fini le lendemain.
Nous restons donc dans l’hôtel jusqu’au lendemain. La fenêtre de notre chambre donne sur la rue (du 3ème étage, je vous rassure), et tout l’après-midi nous avons assisté à un défilé de CRS (jamais vu autant de toute ma vie !), de voitures militaires blindées… Par contre, pas beaucoup de manifestants en vue !
Du coup, nous sommes les reines de l’hôtel : un monsieur vient nous amener du thé toutes les heures, et le soir, il vient nous chercher pour nous dire qu’on nous a préparé à manger.
Comme prévu la veille, nous allons visiter Hasankeyf ce jour-là. Nous traversons Batman en voiture pour rejoindre la gare de bus. La ville panse ses blessures : pas mal de vitrines brisées, quelques magasins qui ont visiblement brûlé. À part ça, le calme semble être revenu.
Une demi-heure plus tard, nous arrivons à Hasankeyf. Ce village est littéralement accroché à une gorge qui surplombe le Tigre. Le Tigre, fleuve mythique, fleuve Biblique…
Partout, on voit des traces des anciennes habitations troglodytes, creusées dans la roche. D’ailleurs, quelques familles vivent encore dans ce type d’habitations, qui ont été aménagées depuis avec tout le confort de base.
Hasankeyf est hélas condamnée à disparaître dans les toutes prochaines années : un barrage sur le Tigre va être construit un peu plus bas, et va inonder toute la région, engloutissant ce site historique. S’ils font ça bien, dans quelques années on pourra peut-être visiter la ville en plongée, ça se serait fabuleux ! Bon, j’y crois pas trop, mais on peut toujours espérer !
Nous avions prévu de rester à Hasankeyf une matinée, nous y avons passé une bonne partie de l’après-midi en plus, tellement c’était joli et agréable.
Nous commençons par nous promener dans les hauteurs : nous montons, nous montons… et bientôt nous nous retrouvons en haut d’une falaise surplombant le fleuve, avec les ruines d’un château immense près de nous.
Nous montons, nous montons… et visitons les ruines de maisons, creusées dans la paroi et dans le sol, reliées entre elles par de multiples passages souterrains. La vue sur la vallée est de plus en plus spectaculaire !
Nous montons, nous montons… et atteignons un petit cimetière, tout en haut, sur lequel veille une toute petite mosquée. Un grand palais s’étend sur le côté.
Nous redescendons, et nous arrêtons dans un petit resto qui sert du poisson tout droit sorti du Tigre, grillé au barbecue (pas le tigre, hein, le poisson !). C’est le meilleur poisson que j’ai mangé en Turquie jusqu’à présent, et il rentre sans doute dans le Top 10 de tous les poissons que j’ai mangés depuis que je peux en manger (c’est à dire depuis que j’ai des dents et que je me rends compte de ce que je mange, en gros).
Enfin, nous allons boire un thé sur le fleuve et nous tremper les pieds dans l’eau. Des petites terrasses sur pilotis on été aménagées, et c’est un pur bonheur : soleil, thé, et bruit de l’eau en dessous ! En arrière plan, les impressionnants restes du vieux pont sur le fleuve. L’un des meilleurs moments du voyage, sans doute !
Le soir, nous prenons le bus pour Mardin, à deux heures de là. Comme il n’y a que trois ou quatre hôtels dans cette petite ville, nous allons voir celui qui nous paraît le plus convenable au prix le plus abordable… Nous retrouvons dans un bâtiment magnifique : bâti en vieilles pierres claires, c’est une maison labyrinthique, construite en plusieurs étages qui forment des terrasses ; des escaliers cachés mènent de l’une à l’autre, et les chambres sont des salles voûtées avec des barreaux en fer forgé aux fenêtres. Nous allons nous promener sur la grande terrasse, et le gardien du bâtiment vient discuter avec nous. Il nous montre le paysage nocturne : les grandes plaines de Mésopotamie.
"Les lumières, là-bas, c’est la frontière avec la Syrie."
Il nous fait visiter les petites terrasses inaccessibles, la suite avec le grand lit en fer forgé… Fabuleux !
La visite de Mardin, et la fin du voyage… à suivre dans la deuxième partie !
jeudi 9 mars 2006
Vadrouillette dans le Nord (3-4 Mars)
Voici la dernière vadrouillette en date, entre Frenchies, dans une partie de la Turquie encore inexplorée : le Nord et la Mer Noire.
Vendredi matin, je rejoins Fanny et Nadège à AŞTI, la grande gare d’autobus d’Ankara, puis départ à 7h30 à destination de Bartın, un bled à une demi-heure d’Amasra, notre objectif final.
Premier Jour
Vers midi, nous arrivons à Bartın, et prenons un dolmuş pour rallier Amasra, sur la côte de la Mer Noire.
Nous roulons dans la montagne, sur des routes de terre pleines de trous. Puis la mer apparaît, subitement, entre les collines et les replis de terrain. Ces premières visions nous mettent déjà dans l’ambiance, calme et aventureuse : la Turquie comme on l’aime ! Difficile de faire la différence entre le ciel et la mer…
Je me concentre sur le paysage histoire d’oublier que le chauffeur roule comme un fou sur les routes de montagne. Parfois, il croise un autre dolmuş, alors sa main droite lâche le volant pour klaxonner, et sa main gauche, accompagnant le geste au son, lâche le volant pour saluer le copain en question. Ni l’un ni l’autre n’ont ralenti… Pendant quelques fractions de seconde, c’est Allah qui conduit...
“Maşallah”, lit-on sur les dolmuş et les taxis en Turquie, "Ce que Dieu a voulu" : une formule pour conjurer le mauvais sort, en quelque sorte (un peu du genre "Yo manejo, Dios me guía", au Mexique… pas forcément plus rassurant, d'ailleurs). Je ne sais pas si ça marche à tous les coups, en tout cas nous arrivons toutes les trois entières à Amasra quelques minutes plus tard.
Nous commençons par le plus important : allez manger du poisson bien frais ! (mmmmmm boon poissssssooonn – spéciale dédicace à Amandine ;-))
Puis nous partons explorer cette petite ville isolée. Il n’y a pas un touriste, pas grand monde dans les rues, juste le bruit de la mer, des mouettes, et du vent…
…avec des fleurs qu’un vieux monsieur nous a données en sortant du resto :
On teste la température de l’eau, histoire de… Et bé c’est pas bien chaud !
Le vent est assez terrible, et les mouettes se régalent !
Nous quittons la plage et nous enfonçons dans le village.
Premier arrêt chez un marchand de loukoums. Le monsieur, super class, nous accueille avec un mielleux : "Hello! Would you like to try the Turkish Delight?" ("Bonjour, voulez-vous goûter le Délice de Turquie?") Nous considérons qu’il ne parle pas de lui-même mais bel et bien des loukoums, et acceptons. À pas grand chose près, nous avons testé tous les différents loukoums des étalages… Nous ressortons le bide plein et nos portefeuilles quelque peu allégés par les achats de boites de "Turkish Delights".
Nous continuons notre balade, entre les remparts de la citadelle fortifiée (datant de l’époque byzantine), et avec la mer toujours en vue. Il n’y a rien de particulier à voir ou à visiter, mais malgré cela, Amasra nous a beaucoup charmé !
Une rue en guerre… Les gens qui habitent de l’autre côté du "trou" doivent l’enjamber pour rentrer chez eux…!
Les petites ruelles, reliées entre elles par des escaliers :
Le coucher de soleil nous offre une dernière vision féérique de la ville, juste avant de la quitter :
Nous reprenons le bus pour Bartın. Alors que nous remontons dans les montagnes, le soleil se couche sur la mer… Un moment magique !
Nous passons la soirée à Bartın. Nous trouvons un petit resto de cuisine turque préparée quasiment devant nous : soupe, plat énorme, dessert… Pour aider à la digestion, nous allons prendre un thé dans un petit bar, puis rentrons à l’hôtel. Nous avons eu bien du mal à nous endormir : nous avions vraiment trop mangé. Du coup, la conversation s’est orientée vers le système digestif… Deux économistes et une littéraire qui parlent de biologie, c’est quelque chose !
Deuxième Jour
Nous partons le lendemain pour Safranbolu, à une petite centaine de kilomètres au Sud. La ville est réputée pour ses vieilles maisons ottomanes, les konak, inscrites au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Autrefois, la ville se trouvait sur la route de la Soie, ce qui a contribué à sa richesse : aux XVIIIème et XIXème siècles, les citoyens les plus aisés se firent construire des demeures en brique crue, bois et stuc. De plus, l’importante population d’artisans prospères en édifia d’autres, moins vastes mais tout aussi solides et harmonieuses. Un grand nombre d’entre elles sont encore debout.
Autre édifice historique : l’immense caravansérail, témoignant de la situation de la ville sur la route de la Soie.
J’en profite pour faire la minute culturelle (Extrait du Lonely Planet) : "Ces "palais de caravanes" étaient des postes de ravitaillement espacés d’environ une journée de voyage (soit 15 à 30 km… oui, ça devait être long !). Les dépenses relatives à leur construction et à leur entretien étaient prises en charge par le sultan. Un caravansérail classique est un bâtiment monumental en pierre, doté d’un immense portail principal. Creusé dans d’imposantes murailles fortifiées, il donne ensuite accès à une vaste cour et à une salle voûtée. La cour, où l’on chargeait et déchargeait les caravanes, était généralement entourée de pièces aménagées en réfectoire, salle du trésor, atelier de réparation, bureaux de change et de comptabilité, entrepôts, hammams…"
Safranbolu est dans une vallée : c’est un dédale de rues qui montent et qui descendent, de petits escaliers cachés, de chemins pavés… Voilà, je vous laisse vous balader et observer…
Le grand hammam (XVIIème siècle), tout fumant de vapeur :
Vue sur le marché, en bas. En haut, on aperçoit les murailles. A droite, on voit un petit bout du caravansérail :
Une jolie konak, fameuse maison ottomane :
Promenade dans le marché. A droite, les murailles du caravansérail :
Pause déjeuner : gözleme et riz au safran (franchement, trop bon !!!) :
La pâtisserie locale : yaprak helvası –composé de couches de helva (nougat à la base de pistache et de chocolat) et de noix :
Voilà pour ce super week-end. Ces deux petites villes nous ont vraiment enchantées, ainsi que le calme ambiant. Vraiment un excellent week-end !!
mercredi 8 mars 2006
La Turquie !
Salut à tous !
Je vous ai trouvé une petite carte de Turquie, (cliquez dessus pour l'agrandir) où j’ai indiqué en rouge les endroits que nous avons visités et que vous pouvez retrouver sur le blog. Pour y accéder immédiatement, il vous suffit de cliquer sur le lieu qui vous intéresse dans la liste en dessous. Je mettrai à jour dès qu'il y aura de nouvelles destinations !
Göreme (Cappadoce) Nemrut Dağı
Puisque j’y suis, j’en profite pour vous raconter une petite anecdote linguistique que je trouve jolie.
La Turquie est bordée par quatre mers. À l’Ouest, il y a deux petites mers : la Mer de Marmara, enfermée entre les détroits des Dardanelles et du Bosphore, et la mer Égée, entre la Grèce et la Turquie. Mais le pays est surtout encadré par deux grandes étendues maritimes. Au Nord, la "Karadeniz", qui se traduit littéralement par "Mer Noire" ; et au Sud, l’"Akdeniz", qui ne se traduit pas par "Mer Méditerranée" mais par "Mer Blanche", par opposition à sa petite sœur du Nord.
Voilà, la carte restera certainement en haut de la page d'accueil.

















































































































